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Aux armées,
le 24 septembre 1915,
Monsieur,
J'étais en mission
à l'arrivée de votre lettre et du colis contenant
la Cabrette tant désirée.
Je ne sais comment m'exprimer pour adresser au "Figaro"
les remerciements de tous nos braves et vaillants Auvergnats et
vous dépeindre la joie qu'ils ont éprouvée
à la vue de cette Cabrette et de tous ses accessoires neufs
et brillants.
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Le deuxième canonnier-conducteur
Cantuel, un Cabrettaïre de Salers, s'en est emparé ;
dès les premiers airs, tous nos piolus accoururent de toutes
parts et, à l'ébahissement des gens du pays, ils dansèrent
par couples une bourrée en règle, qu'ils terminèrent
par un "iou" formidable et des acclamations à l'adresse
du "Figaro". Si aviez pu assister à ce début
de la Cabrette dans le département de
, je suis sûr,
monsieur, que vous auriez été heureux de vous rendre
compte de la joie et du plaisir que vous avez procurés à
ces braves gens. Une grosse larme perlait par-ci par-là sur
des poils de barbe hirsute
léger et passager attendrissement
au souvenir de leur Auvergne, de leur montagne qu'ils ont quittées
depuis quatorze mois, et où beaucoup ne sont pas retournés
depuis ; ils revoyaient par la pensée le jour de leur mariage,
les Cabrettaïres munis de leurs instruments, ornés de
longs rubans de soie pour la circonstance, précédent
la jeune mariée et les invités, annonçant à
tous les échos l'hymne des jeunes époux
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C'est un peu de leur chère
Auvergne que le "Figaro leur a envoyé ; ils lui en sont
profondément reconnaissants.
Permettez-moi, cher Monsieur, d'ajouter mes remerciements aux leurs
et veuillez agréer l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
Capitaine Henry B
P.-S.- J'oubliais de vous dire que le moral
est excellent ; plus vaillant que jamais, ils sentent tous qu'il
faut en finir avec cette race de barbares qu'il ont vue à
l'uvre. C'estune grande satisfaction pour un officier d'avoir
l'honneur de commander de pareils soldats."
C.V
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