La Galoche d'Aurillac

41 rue de Lappe - 75011 Paris

La rue de Lappe, dans le 11e arrondissement de Paris, doit son nom à une personne nommée Girard de Lappe, un maraîcher propriétaire des jardins et des marais sur lesquels cette rue fut percée. Elle était déjà inscrite sur le plan Gomboust de 1652.Cette rue est sans doute la plus "musicale" du quartier puisqu'elle a abrité jusqu'à quinze bals auvergnats avant que la bourrée ne cède la place à la java puis au tango. Celui qui allait devenir le plus connu des bals de la rue de Lappe, le Balajo, inauguré durant le Front Populaire, est toujours en place et a conservé son décor intérieur.

Mais d'autres institutions fameuses comme la Boule Rouge ou le bal Bouscat ne sont plus là. La rue semble leur préférer le commerce de tapas en tous genres quand il ne s'agit pas de fast food. Cependant, il subsiste le restaurant "La Galoche d'Aurillac", au n°41, sur lequel le temps semble avoir glissé sans avoir trouver prise, son enseigne reste éternelle.

En allant à "La Galoche d'Aurillac", vous êtes en Auvergne et le décor est pittoresque. Sous une voûte de galoches, de jambons, d'instruments aratoires, et autres instruments de musique du pays, vous êtes accueilli par le patron : M. Jean Bonnet. L'homme revendique la différence ; il est davantage soudé aux traditions qu'aux belles manières et aux ronds de jambe à faire aux clients.

Un solitaire, Jeannot Bonnet, un décalé des temps modernes où le paraître prend le pas sur l'être. Avec ses manières directes, son quintal de gentillesse, sa façon de porter haut devant lui le drapeau qui a pour couleurs : l'authenticité, la générosité, la simplicité, la mise en avant du naturel et des ressources de son pays, il avance droit devant lui comme un vaillant Gaulois qui a la conscience pour lui et des trésors d'attention pour ceux qu'il considère comme des amis.

Ce n'est sûrement pas la façon la plus adroite d'avoir la reconnaissance de la presse gastronomique, mais à coup sûr, sa démarche nous va droit au cœur et soulève notre enthousiasme car l'Auvergnat est, avant tout, un paysan et s'il ne rechigne pas à tâter des plats inventés par les plus grands chefs, rien ne le met plus en joie que ces recettes qui sentent bon la terre, le terroir, le pays. A la carte on retrouve tous les grands classiques préparés par Me Nicole Bonnet. C'est sans doute la charcuterie d'Auvergne qui mérite le plus d'attention : le jambon, la saucisse sèche, les frittons, les grattons, le fromage de tête et la terrine viennent directement du Cantal et sont excellent. On vous sert également une viande de qualité à moins que vous préfériez les tripoux ou le fameux aligot fait maison qui vaut le coup d'œil et de fourchette… A noter la très bonne cave qui donne rapidement du rose aux joues !Le maître d'hôtel, c'est Nicole, la fille de salle qui lorsqu'elle évolue entre les tables, dégage quelque chose d'authentique qui sent bon la vie. Et attention! Elle sait en un instant tirer de leur anonymat ses clients. En trente ans de carrière, les répliques de Nicole en ont interloqué, séduit et dompté plus d'un. Une visite qui vaut le déplacement ! Une vraie bonne adresse.

 

Par Victor Laroussinie

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