| La
bourrée a été admise à la Cour de France et a connu
les honneurs de la mode pendant une longue période. L'histoire nous fournit
des données assez vagues mais la légende raconte que lorsque François
1er alla au devant de Catherine de Médicis petite-nièce du pape
Clément VII, qui devait épouser son fils Henri II, il passa à
Clermont-Ferrand, accompagné de sa sur, la belle Marguerite de Navarre,
et du Cardinal Antoine Duprat. Une réception grandiose fut faite au roi,
suivi de fastueuses réjouissances au cours desquelles on dansa la bourrée
mais aussi pas de goignades. On sait, par ce que Fléchier en a écrit,
dans ses mémoires sur les Grands Jours d'Auvergne, que la goignade était
une sorte de dégénérescence, manifestement indécente,
de la bourrée.
|
Les personnages ecclésiastiques
formant la suite de François 1er furent scandalisés par le spectacle
de cette danse.
Ils résolurent de la faire interdire par le Pape.
La question fut soumise au Sacré Collège. Celui-ci se disposait
à excommunier la Bourrée lorsqu'un de ses juges, sans doute le Cardinal
Duprat, fit observer opportunément qu'on ne pouvait accuser un condamné
sans l'entendre. On fit alors entrer dans la salle du consistoire un
groupe de jeunes gens et jeunes filles originaires d'Auvergne, qui appartenaient
à la suite du Cardinal-Ministre, et qui interprétèrent diverses
figures de la Bourrée. | |
A ce spectacle, les fronts se déridèrent,
les yeux brillèrent, la sévérité des juges se mua
en admiration. Les membres du Sacré Collège commencèrent
à scander la mesure avec leurs pieds et battre des mains. Puis ils
entrèrent à leur tour dans la danse. La salle du consistoire fut
bientôt transformée en salle de bal ; les cardinaux eux-même
dansaient la bourrée qui fut absoute, à l'unanimité, par
ses juges

Catherine de Médicis
C.V |