La Bourrée...

  • Son origine :
    L'étymologie incertaine du nom indique plusieurs hypothèses :
    - du latin "Burra", laine provenant de teinte des moutons ;
    - "Bourreyo", en Auvergne vers la fin du Moyen Age, on se rassemblait sur les places pour acclamer l'avènement d'un nouveau roi en criant "Bou Reï you" (bon roi il y a) et on dansait joyeusement la "Boureyo"
    - "Bourrée" désigne aussi un fagot de brindilles tassées comme de la bourre.

La bourrée a été admise à la Cour de France et a connu les honneurs de la mode pendant une longue période. L'histoire nous fournit des données assez vagues mais la légende raconte que lorsque François 1er alla au devant de Catherine de Médicis petite-nièce du pape Clément VII, qui devait épouser son fils Henri II, il passa à Clermont-Ferrand, accompagné de sa sœur, la belle Marguerite de Navarre, et du Cardinal Antoine Duprat. Une réception grandiose fut faite au roi, suivi de fastueuses réjouissances au cours desquelles on dansa la bourrée mais aussi pas de goignades. On sait, par ce que Fléchier en a écrit, dans ses mémoires sur les Grands Jours d'Auvergne, que la goignade était une sorte de dégénérescence, manifestement indécente, de la bourrée.

Les personnages ecclésiastiques formant la suite de François 1er furent scandalisés par le spectacle de cette danse.

Ils résolurent de la faire interdire par le Pape. La question fut soumise au Sacré Collège. Celui-ci se disposait à excommunier la Bourrée lorsqu'un de ses juges, sans doute le Cardinal Duprat, fit observer opportunément qu'on ne pouvait accuser un condamné sans l'entendre.

On fit alors entrer dans la salle du consistoire un groupe de jeunes gens et jeunes filles originaires d'Auvergne, qui appartenaient à la suite du Cardinal-Ministre, et qui interprétèrent diverses figures de la Bourrée.

A ce spectacle, les fronts se déridèrent, les yeux brillèrent, la sévérité des juges se mua en admiration.
Les membres du Sacré Collège commencèrent à scander la mesure avec leurs pieds et battre des mains.
Puis ils entrèrent à leur tour dans la danse. La salle du consistoire fut bientôt transformée en salle de bal ; les cardinaux eux-même dansaient la bourrée qui fut absoute, à l'unanimité, par ses juges…


Catherine de Médicis

C.V

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