Le Cabrettaïre du mois


Georges Soule

Georges Soule (1927-1979) est né à Valuéjols (Cantal). Il est élevé en Auvergne, mais ses parents comme bon nombre d'auvergnats de l'époque "montent" à Paris pour tenir un "Café Bois Charbon" rue St Sabin dans le 11e arrondissement.

Il a dix-sept ans quand en 1944, il vient à Paris pour la première fois retrouver ses parents.

A cette époque, il loge chez son ami Louis Rispal à qui il donne ses premières notions de Cabrette chez le père Lagaly. Georges Soule fut surtout l'élève de Lagaly mais aussi de Jean Bonal.

Après son service militaire, il rentre au conservatoire national supérieur de musique de Paris. Mais sa vie privé demeurait un secret; jamais il ne fit étalage de ses distinctions (Prix de Rome) pas plus que ses foncions officielles.

Dans les années 1950, il rentre à la "Bourrée de Paris", groupe qu'il ne devait plus quitter puisqu'il en devint le président en 1975 à la suite du décès de Lucien Costes.



En 1956, lorsque Jacques Berthier fonde la société "Cabrettes et Cabrettaïres", il en devient l'un des piliers et accède à la présidence en 1961. Il consacre 18 ans de sa vie à l'enseignement et à la promotion de la Cabrette à Paris comme en Province. Tous les responsables et animateurs d'Amicales lui doivent beaucoup. A cette époque, l'association est sollicitée pour animer des banquets partout en France (Le Havre, Caen, et.)



Il organise le premier Concours National de Cabrette en 1961 et crée la récompense "Médaille d'Or" en 1967 ; le niveau augmente, année après année, aussi bien dans la qualité des interprétations que dans le choix des morceaux. Cette année là, José Roux obtient la médaiile d'Or devant Christian Boissonnade.
Ce concours prestigieux est organisé tous les trois ans. Un jury composé de Cabrettaïres dont la notoriété n'est plus à démontrer et représentant toutes les sensibilités de la Cabrette n'attribue pas systématiquement la médaille d'or. Depuis sa création, douze Cabrettaïres ont été primés.
Le premier banquet de l'association Cabrettes et Cabrettaïres est organisé par Marcel Laval, à la maison des Journalistes, rue du Louvres.
Une trentaine de personnes sont rasemblées : dix neuf Cabrettaires, deux vielleux, plus quelques épouses.

Le samedi 28 septembre 1968, le banquet de la société qui ouvre le grand défilé des banquets amicalistes, réunit plus d'une centaine de convives. Jojo réunit autour de lui des vedettes prestigieuses de la Cabrette, de la vielle, et de l'accordéon : Marcel Bernard, Jean Ségurel, Adolphe Deprince, René Remise.
Melle Françoise Thoumieux est Pastourelle de la Ligue et Henri Chaliès reçoit ce jour là la médaille du Mérite Amicaliste.



En 1970, il crée une section accordéon animé par pierre Roux. René Joly lui succédera en 1973.
C'est en 1971 qu'il organise le premier fameux Stage de Cabrette à Saint Flour. Dès lors, il y a un renouveau, un intérêt grandissant pour cet instrument, à une époque où les guitares électriques prennent le pas sur les instruments traditionnels.
En 1976, parallèlement au stage de vielle qui existe depuis 1969 sous la direction de Gaston Remise, il dirige le premier stage de Cabrette de Confolens.



Le samedi 24 janvier 1976, accompagné de Louis Bonnet, secrétaire général de la Ligue Auvergnate et de quatorze pastourelles, il a le privilège d'offrir une Cabrette de facture Marginier à Monsieur Valéry Giscard d'Estaing Président de la République Française pour son cinquantième anniversaire.



Sa modestie, sa discrétion ne le portaient pas sur le devant de la scène, mais il apporta son talent à de nombreux enregistrements avec Martin Cayla, George Simon à la vielle, Georges Cantournet, Jean Ségurel, André Thivet, Pierre Roux.

Victor Laroussinie
Janvier 2006

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Sans oublier les disques enregistrés avec "La Bourrée de Paris" et le fameux enregistrement chez Véga pour "Cabrettes et Cabrettaïres".



C'est le vendredi soir qu'on pouvait l'écouter le plus souvent lors des répétitions de l'association à la Galoche d'Aurillac. La Galoche d'Aurillac, l'antre de la Cabrette à Paris, petit restaurant tenu par M. et Me Bonnet.
Les membres de l'association, les jeunes élèves, s'y retrouvaient tous les vendredis soir pour jouer, partager leur amitié, leur fraternité et la cuisine traditionnelle et authentique du pays.

Georges Soule, c'était avant tout "Jojo", l'homme, l'ami au sens propre du terme, la bonté même, l'abnégation, le talent au service de tous.



Il ne ménageait ni son temps ni son argent pour se dévouer au service de la Cabrette.
Il a consacré sa vie à cet instrument et à son enseignement.
Tous les jours, sa Cabrette dans sa serviette, "Jojo" s'en allait de Paris à Rueil, de Clamart à Créteil, donner à ses élèves l'heure de leçon hebdomadaire gratuite ; quatre ou cinq par jour, une quinzaine par semaine. A domicile ! En tout, il a formé une centaine d'élèves. Aujourd'hui nombreux sont ceux qui se réfèrent à son école et à son enseignement.

C'est ainsi que s'est perpétué la grande tradition des Cabrettaïres aussi bien en auvergne qu'à Paris. Sans Georges Soule, il ne fait aucun doute que la Cabrette serait actuellement un instrument quasi oublié.