|
Puis c'est le début de la seconde
guerre mondiale. En 1939, mon père est mobilisé et c'est François
qui vient prêter mains fortes à ma mère alors seule à la
ferme de Talizat avec mes deux sœurs en bas âge. François
n'a alors que seize ans et ma mère l'apprécie beaucoup pour sa
gentillesse, son dévouement et son courage au travail.

François Hugon
et Jacques Berthier (à la cabrette)
Ces trais de sa personnalité ne
se démentiront pas.
Avec ses gages de pâtres, il achète son premier accordéon.

Il apprend le solfège par correspondance. Sa passion par notre musique
et notre tradition du folklore auvergnat fait qu'il apprend très vite à en
jouer.
|
François travaille à la fabrique de poteaux à Aumont puis
entre à la SNCF. Il monte à Paris où il y fera toute sa
carrière. Il est affecté à la gare du Nord à l'entretien
des voies puis aux travaux neufs.
C'est à Paris qu'il épousera Marie-Louise Le Gaillot qui décèdera
le 9 août 1998.
Après la guerre, il
ne reste qu'une poignée de Cabrettaïres et tous les
grands facteurs ont disparus.

Jacques Berthier
et François Hugon au mariage de Roger Aldebert
La Cabrette est dans l'impasse, c'est le déclin… Pour
la sortir de l'ornière dans laquelle elle est tombée,
Jacques Berthier a l'idée de créer une amicale de
Cabrettaïres. Il en fait part à Marcel Marginier, Roger
Aldebert, Christian Boissonnade, Jean-Louis Fournier, Georges Soule,
Jo Ayrignac et fait passer une annonce dans l'Auvergnat de Paris.
Ils font leur première réunion à la brasserie
Henri IV chez M. Maragonis où ils voient apparaître
Claude Séguret, René Rouquet et François Hugon.
François apprend à jouer de la Cabrette auprès
de Roger Aldebert sur une Cabrette ayant appartenu à Antoine
Bouscatel.
Cabrettes et Cabrettaïres est fondée le 23 avril 1956.
Au sein de l'association, il reprend la fabrication des sacs et
des soufflets de Cabrette. Il réinvente le savoir faire
oublié et s'applique avec patiente pour présenter
aux Cabrettaïres des instrument de qualité.
Ses sacs et soufflets sont comme sont engagement : inusables.
|
Vers 1960, François
rejoint le groupe folklorique "La Bourrée Montagnarde" à Paris.
Il
y sera pendant vingt le maître à danser, le chorégraphe
et le responsable de la musique.
Après la scission du groupe,
il s'investira pendant près de quinze ans dans le groupe
folklorique "La Montagnarde".
François Hugon a consacré sans compter son temps,
son énergie à la sauvegarde et à la promotion
de la Cabrette et de nos traditions pour le plus grand bonheur
de tous.
Il a appris à beaucoup d'entre nous à danser, à jouer
de la Cabrette.
Il a fabriqué de nombreux sacs et soufflets,
mais il a fait bien plus : il nous a transmis sa passion et son
enthousiasme.
Jean-Pierre MOULARA Mars 2007 
|